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Cette page fait suite à des notes en marge sur
La mariée mise à nu par ses célibataires, même.
Au départ, simple mise au point sur une utilisation du
terme célibataire
emprunté à Marcel Duchamp,
elles suivent leur chemin, deviennent le carnet d'un voyage.
Carnet à densité variable, au nombre de pages indéterminé, ouvert
aux intercallaires.
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... ce texte s'étoffera...
En tant que moi Ambiguïté expansion Ambiguïté écart-masquage Introduction de l'aléatoire Le fond et la forme unis de... à... La boule au flanc du plateau Je n'ignore pas Il est vrai aussi Visite rapide d'une exposition NOTES[1] [1] Chroniques des années 1916 et suivantes, à New York : «Duchamp craignit de moins en moins les cocktails. Il commença à boire un peu trop. Une nuit, lors d'un bal d'artistes au Webster Hall, il s'entêta à grimper jusqu'au haut de la grande hampe du drapeau central, mat de Cocagne penché à 45° sur la salle. Il peinait, obstiné et menaçait de choir sur les danseurs. Il réussit enfin et tout le monde fit ouf!» «On donna, un après midi une conférence de Cravan. (...) Cravan n'arrivait pas. Le public, extrêmement chic, l'attendait depuis une heure tout en buvant au bar. (...) Duchamp, ce soir-là, après tous ces drinks, chancelait et, pour la première fois, à ma connaissance, il éprouvait une légère amertume contre lui-même et contre ses amis. A la sortie, je dus le soutenir. Il était lourd. Nous avancions avec de grands zigzags. Il déclara : "Ces zigzags sont de trop. Ils sont à éviter." Et ils les évita par la suite. (...) il put arrêter cette inflation qui débute si agréablement.» SOUVENIRS SUR MARCEL DUCHAMP par H. P. ROCHé - Réédité dans SUR MARCEL DUCHAMP de ROBERT LEBEL (1959 - RééDITION 1996)Anecdote antérieure, jugée assez significative par l'intéressé pour qu'il l'ait racontée à cet autre ami, relais et partenaire : Robert Lebel, ainsi que par ce dernier pour qu'il nous la livre : «...cauchemar que Duchamp eût à Münich en août 1912 : au retour d'une brasserie où il avait absorbé, dit-il, trop de bière, il rêva la nuit, dans la chambre d'hôtel où il achevait de peindre la Mariée que celle-ci était devenue un énorme insecte du genre scarabée et qu'elle le labourait atrocement de ses élytres. » ROBERT LEBEL dans SUR MARCEL DUCHAMP de ROBERT LEBELLe thème insectueux et le goût juvénile pour les brumes de l'ivresse (à contrarier) ont un droit égal à être portés au registre des symptômes-mobiles-clés de la Mariée mise à nu. |
Commençons par un petit paradoxe.
Henri Poincaré (L'Espace et la Géométrie - La Science et l'Hypothèse 1902) Suite des notes sur le Grand Verre et la Boîte verte
MALLARMÉ : Je révère l'opinion de Poe, nul vestige d'une
philosophie ne transparaîtra ; j'ajoute qu'il la faut, incluse et latente.
Trop abstrait, manquant d'exemples - manque
flagrant ici ou là - ce texte
s'étoffera au fur et à mesure de rappels au texte
de référence (La mariée mise à nu par ses
célibataires, même), il mentionnera d'autres textes littéraires,
l'histoire émergée de
Marcel Duchamp et des (mes) expériences personnelles.
Lignée poétique de Marcel Duchamp
Dans le sommaire
thématique du site, cette page est classée dans egoscopie.
Cette approche correspond à un usage extra-artistique de Marcel Duchamp,
c'est à dire à un usage vital. Rien d'étrange à cela.
Je situe Duchamp a)
dans la sagesse et l'aventure de
vie, b) dans
la littérature. Pour différentes raisons, l'écriture est plus difficile à accomoder au fétichisme et à la réduction artiste que la peinture. En considérant Duchamp b) d'un point de vue littéraire, je sollicite peu. En voyant en lui un capital écrivain je n'ai pas l'impression de le tirailler. Il mentionne lui-même Mallarmé et Roussel comme déterminants. Quantitativement, la création verbale s'équilibre avec la part graphique de son ouvrage. Une intention dramatico philosophique (ludique et spéculative) domine l'ensemble. En vérité, le moment verbal est en unité organique avec le moment graphique et tridimentionnel. Le rédimède n'est pas une pelle. La pelle est le faire valoir de son titre, ou du moins elle ne fait qu'un avec lui. Le concours des deux registres, verbal et visuel, (enrichi parfois par d'autres types de juxtaposition que cet avant propos n'est pas le lieu de détailler - tact et vue, bi-linguisme, néo-grammaire, confrontation sérieux-trivial, préméditation-hasard, in vitro-in vivo ...), la déflagration ainsi recherchée correspond à ce que Pierre Reverdy théorisait sous le concept d'image poétique. Voir André Breton : Signe ascendant. Nous reviendrons sur ces questions. Pour l'instant, restons sur la réaction déterminée par la conjonction des mots et des visuels. Une pelle est associée au
titre In advance
of the brocken arm ou
En prévision du bras cassé... Une cage pleine de faux morceaux
de sucre en marbre avec un
thermomètre est confrontée au titre Why not sneeze Rrose
Selavy ? ou Pourquoi ne pas éternuer, Rrose
Selavy ?... Un moulage en bronze vague ment phalloïde va avec le titre
Objet dart...
Sans son titre, le moment tridimensionnel de
l'objet dart est orphelin et sans intérêt.
Sans sa Boîte verte, le Grand Verre existe peu.
Marcel Duchamp n'est
encapsulé dans une histoire de l'art annonçant
les pompes creuses de l'art contemporain, il n'est
Pseudo-historiens de l'art et pseudo-critiques sont les vecteurs
d'une idéologie mortifère et idolâtre (le cas échéant, polémiquement idolâtre).
Le préfixe pseudo s'impose lorsque le scribe
oublie l'essentiel :
que l'histoire
implique une distanciation, un cadre d'objectivité (une méthode),
et que la critique est incompatible avec l'allégeance à une institution.
Marcel Duchamp et les pompes avides
affublé des oripeaux du
paradigme de
l'ultra-artiste qu'au prix d'un contresens et d'une
nullification.
En ce qui concerne Duchamp, théologiens du culte artistique et arbitres du marché du même nom sont les agents d'un rapt symbolique. Leur méfait est en partie de bonne foi, car ce n'est pas sciemment qu'ils travestissent le propos de Duchamp (qu'ils travestissent le travesti). Son souci les dépasse, il leur est inaccessible. La pensée et l'esthétique de vie de Duchamp sont pour eux inconcevables car elles signifient leur condamnation. Pour justifier leur vaine existence ils le vident de contenu, lui plaquent des intentions superficielles, et en exhibent une approximation sans intérêt. L'art contemporain est une entreprise obscurantiste.
Marcel Duchamp fut l'enfant phare. Ma pratique de Duchamp perce ses propres galeries, mon Duchamp pratique suit ses veines. Sans copier,
Indépent dans (ce) cours en vie-vent
je m'autorise et m'éclaire de certains commentateurs. Par exemple, Robert Lebel et Jean Suquet.
Tous deux ayant été en relation directe avec Duchamp. Lebel est plus qu'un commentateur,
il est un complice, et Duchamp fut un véritable
collaborateur pour son Sur Marcel
Duchamp (1959 - Réédition 1996). Lebel et Suquet sont tous deux
dans la mouvance surréaliste.
Citer ces deux-là dans leur proximité à leur objet (et néanmoins ami) n'implique
pas qu'une étude distanciée ou scientifique n'ait sa place vis à vis d'un objet tel
que Marcel Duchamp. Au contraire.
Projet pour après : rechercher thèses de lettres,
de sociologie, d'histoire culturelle, où serait considérée
méthodiquement la méthode
duchampienne. Après tout, les sciences humaines sont des pataphysiques
comme les autres.
... Le plein et l'opaqueréduits au nécessaire et à moins qu'au nécessaire. Tableau lacunaire. un lacunaire ultra-élaboré. Un ensemble de bribes mal jointes mais où chacune est une quintescence. Le moindre mot en a laissé plusieurs derrière lui, chacun est le résultat de la compression sémantique de deux expressions ou davantage, de l'ajout, de la dérivation ou de la privation, ellipse, soustraction, d'une ou plusieurs charges de sens concret ou abstrait, de l'expansion métaphorique ou de l'immobilisation du sens au pied de la lettre,
Il y a le sens
propre, le sens sale, le sens figuré,
le sens transfiguré, la transfusion sanguine et la transfusion sémantique, le sang
transfusé
et même le sens transfusé.
saisi comme dans la glace les mots de Rabelais.
Duchamp, avec ses instruments, son tournevis, son fil et son aiguille, effectue la reprise de l'entreprise mallarméenne et de l'atelier roussellien - dans une réalisation qui dialectise comme aucune autre le maximalisme et le minimalisme, l'obsession (au moins 12 ans de recherches et de mise en œuvre, dont 8 de fabrication) et la désinvolture (éclairante pénombre latérale sur le geste créateur - lors de la décision de laisser le chantier en l'état et à tous les moments clé). Rencontre du trop-plein et du vide, affirmation du plein du vide (et de l'inanité du trop-plein), surdistillation de l'à peu près (dans l' émancipation de son flou et sa promotion au statut d'étalon), culte hérétique d'une subversive exactitude et goût d'une exactitude subvertie. Mise en mots La série adverbiale n'est pas moins travaillée que la sphère substantive... et cela dès le TITRE même : a) Le même du titre, je ne sais encore s'il est
un adverbe ou un adjectif indéfini ni à quelle unité manifeste ou sous-entendue il se
rapporte -
Duchamp frappe d'ambiguïté non seulement les membres des catégories mais
les catégories
mêmes, d'une ambiguïté à résoudre par les voies d'une logique
différente du sens commun quoique très
structurée ;
b) La mariée et les célibataires dès le titre se donnent et se dérobent. La lecture de l'œuvre consistera en leur recherche, en leur déduction, en leur recréation, non seulement afin d'assimiler les actions qu'ils accomplissent ou subissent, mais également leur identité allégorique... Assimiler, s'accomoder à, s'interpénétrer avec, plutôt que simplement chercher à comprendre. L'ambiguïté n'est pas le résultat d'un déficit mais d'un processus qui nous permet d'élaborer et de nous élaborer en tant que spectateurs et en tant que personnes. En tant que personne...
En tant que moi. Désafilier
Duchamp du champ artistique, le reverser aux 4 courants d'air du champ de
ma vie.
Agir le moins possible comme une machine
célibataire, m'exprimer
à bruit secret, interragir et percevoir par inframince... D'autant
que ça ne m'est pas naturel
(percevoir par inframince oui, même
trop, c'en est
fatiguant - j'aimerais parfois, selon l'expression de Lichtenberg : avoir
«des nerfs gros comme des
câbles»). Un homme averti est souvent rattrapé par ses défauts
d'origine.
Bévues fréquentes. Je rate, j'échoue, je gaffe par manque de subtilité,
d'hermétisme, d'ellipse, de conjugalité (conjugaison -
dans le tissage : proposer mon fil de chaîne en tenant compte de votre fil de trame).
La Mariée - métaphore qui ne
s'applique pas uniquement à des objets amoureux féminins, mais aussi à des objets amoureux
masculins et à des foyers d'attraction autres
qu'amoureux.
L'erreur se pointe, surtout si l'enjeu est investi
et si la peur fait pression - précisément aux moments qu'il faudrait négocier
avec le plus
d'aisance, mais au cours desquels le vertige (soif du
gain, peur de la perte) pousse à la faute
(conduit à brusquer la Mariée -
la Mariée : métaphore qui ne
s'applique pas uniquement à des objets amoureux féminins, mais aussi à des objets amoureux
masculins et à des foyers d'attraction autres qu'amoureux).
Des autels comme celui reproduit en haut de page (Autel au manieur de gravité - 1947) devraient être disponibles : escales sur certains parcours, lors de certaines négociations. Le désirant en phase d'épreuve s'y recueillerait, ces autels agiraient comme préventifs de surchauffe. Des autels au manieur de gravité devraient être disponibles : escales
sur certains parcours, lors de certaines
négociations.
Le désirant en phase d'épreuve s'y recueillerait, ces autels agiraient comme préventifs de
surchauffe.
De facheux dérapages pouraient être ainsi évités. Invitation à
prendre
appui sur
la puissance timide, à s'appuyer sur les
cylindres bien
faibles, étant donné leur
force incitative, respectueuse de la liberté du partenaire
potentiel. Car souvent
celui-ci
n'aime pas être forcé. Mieux que par des panneaux couvrant tout l'horizon, il (elle) sera convaincu par
des papillons discrets, qu'il (elle) aurait pu aussi bien ne pas voir, mais que voyant il
(elle) trouvera
touchants en plus d'expressifs. La puissance timide laisse de l'espace à l'objet et lui préserve son espace de sujet. 12 mars 2008 - 14 mars 2008
Ce matin, à l'occasion d'un appel téléphonique,
je réalise que dans l'action j'oublie souvent
le manieur de gravité. Parmi les êtres
de la Boîte verte, le manieur de gravité
figure pour moi un pondérateur d'équilibre (et un régleur de dynamique).
... J'appelle de la rue, et déjà je vacille physiquement, mon vélo entre les jambes n'aide en rien à mon équilibre. Mon interlocutrice se révèle peu lestée sur le moment.
Mon vélo entre les jambes n'aide en
rien à mon
équilibre.
Mon
interlocutrice se révèle peu lestée sur le moment.
En général, elle ne l'est guère
sur un plan, quoiqu'elle le soit
sur un autre... Je lui propose un rendez-vous et sa voix ne dit pas que ça va de soi.
Nous sommes presque familiers.
Si nous en sommes encore au stade où on fait connaissance,
nous n'en sommes plus au stade où "on fait connaissance".
Mais - malgré
son dernier courrier postal et son dernier e-mail - elle est un peu
hésitante. Cette lettre
et cet e-mail étaient tout de même le signe de
quelque chose. Un rendez-vous est noté mais pas comme chose évidente. Et je me suis montré vulnérable à ses hésitations, j'ai tangué à son rouli, roulé à son tangage. Le 13 mars 2008
Le manieur c'est aussi le marieur. Le conjugeur, l'ange
copulateur.
Existe-t-il un lien intrinsèque entre l'équilibre, la pondération de dynamique et l'avènement marital ? Pour moi oui en tout cas. Ma dynamique
s'emballe, mon cours peine à se conjuguer. Spontanément : trop de Yang.
A preuve : tout
ce que des incarnations chères m'opposent de non
ou de réserve en ce mois de mars.
Ma dynamique s'emballe,
mon cours peine à se conjuguer.
Spontanément : trop de Yang. Ceci dit, les incarnations en question ne
sont pas des perfections. En elles, des défauts gisent et agissent. Les leurs
plus les
miens : divergences orbitales, à l'intérieur de moi, d'elles, et entre nous.
Pour clore sans achever : 1. Qu'est-ce que le champ artistique mentionné plus haut ? Art contemporain. Espace de médiation. Contenant qui détermine ses contenus. Quintescence de l'inauthentique, du non-pertinent. Cimetière des uniformes et des livrées. C'est Myspace.com où ce qui importe c'est la côte de notoriété. Batterie de ponte de moules mâlics. Narcissisme et soumission. Les contenus qui s'y exposent sont bien plus déterminés que déterminants.
2. Duchamp refroidisseur - comment s'harmonise-t-il avec un autre idéal de la poésie :
enfièvrer la vie ?
(La poésie, quand elle n'est pas ce qui se fait sous ce nom dans un cercle voisin du champ artistique - exemple de cataplasme dans ce domaine : Jacques Roubaud) Réponse : Le manieur n'est pas un calmeur mais un pondérateur subtil. Tantôt il rafraîchit tantôt il réchauffe. Il ne radote pas sur une partition simpliste. Fort de son éducation sur les principes, il improvise. Ceci dit : il n'est pas sûr que l'expression de Duchamp ne penche pas vers la quiétude. Garantie contre les sorties de route. Un des mobiles du Grand Verre serait de conjurer les bévues de
l'ivresse.
Duchamp (ivrogne repenti) est
très propre sur lui, pas vraiment dyonisiaque. Et alors ?
Cependant...
Comme je le suppose, un des mobiles du Grand Verre serait même de conjurer les bévues de
l'ivresse.
Duchamp (ivrogne repenti [1]) est
très propre sur lui, pas vraiment dyonisiaque. Et alors ?
Cependant : propre mais brouillon (les paperolles de la Boîte verte),
net mais fêlé (le Verre), au cordeau mais béant inachevé (le Verre).
Sensible
à l'écueil du trop propre sur lui, son propre manieur de gravité incite Marcel Duchamp à
cultiver du désordre (mais méticuleusement) .
3.Comme le manieur de gravité n'est pas un bourrin mécanique appliquant toujours la même recette, il pourra parfois se désacoupler des cylindres bien faibles et se brancher sur une puissance ouragan : l'objet, loin de s'en offusquer pourra le cas échéant se soumettre à l'appel d'air et se laisser hâper par le puits ascensionnel. Le 14 mars 2008
... un ouragan
aux cylindres bien faibles ?
Mise en images Quant aux hypothèses iconiques, elles sont travaillées par de multiples, successives, alternatives, précises ou approximatives (mais davantage précisément approximatives qu'approximativement précises) formulations géométriques. Ambiguïté
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| de | à | |
| 2 | Mariée | Marcel |
| 1 | Celibataire |
| 2 | Mar | Sol. | Marcel | L'éternité | |
| 1 | Cel | Mer |
Le champagne figure
vraiment en passant, mais l'importance d'un élément
n'est pas proportionnelle à ses apparitions. Je crois même que, métaphore de
l'ivresse et des salons (de l'ivresse des salons), il a une portée qui pourrait être
fondamentale.
L'éclaboussure dont il est question - et
qu'on ne saurait assimiler à une pamoison mondaine
(c'est à dire exhibitionniste, étincellante, vénale, intéressée,
narcissique, spéculairement complaisante - elle en est tout le contraire) -
est en effet le moment-clé de la pièce, son
terme...
Le poids
en forme de bouteille de Bénédictine est un
rouage à part entière, un second rôle mais pas un figurant. Je n'ai pas plus à en
dire pour l'instant, à part que la fabrique Bénédictine était (est - fonctionnant
aujourd'hui comme centre
culturel) située
à Fécamp
qui fut (fut) un grand port harenguier, sur la Manche, dans le département qui se nommait
à l'époque la Seine-inférieure (aujourd'hui Seine-maritime). Pas
de référence au poisson dans le Verre et
la Boîte.
Mais nous pouvons remarquer une fois de plus que l'(an-)artiste, que le sage
humoreux et ô combien cosmopolite, que le travesti à ses heures,
Marcel Duchamp alias
Rrose Sélavy alias R. Mutt (pour ne mentionner que trois de ses
identités connues),
prennait fortement en compte
ses origines familiales et n'hésitait pas à rappeler certains lieux et certains
spectacles qui
avaient marqué
ses jeunes yeux et son jeune esprit.
Si Marcel Duchamp s'aventure si loin c'est à partir de cette sécurité identitaire. Cette expression semble affreuse, mais son sens ne l'est qu'hors de sa dialectique : ce n'est qu'à partir d'une sécurité de base, innée et acquise, qu'il put prendre des risques et inscrire sa vie dans une liberté subversive.
Parenthèse : Subversive, même si certains, à force de contresens,
s'efforcent d'en mettre l'expression (d'en évacuer le sens et le
nonesense) au service
d'un courant d'aliénation
excentré mais lié à la société bourgeoise de pointe (pas du tout excentrique) :
l'art contemporain et nombre de ses congestions
dites conceptuelles (en réalité pulsionnellement et intellectuellement incapables
d'énoncer
le moindre meta-concept d'elles-mêmes).
Duchamp était centrifuge vis à vis des
institutions et des marchés, démystifiant, jouant avec des identités fugitives,
initiateur, risqué, complexe, agitant et léger ;
la majorité de l'art
dit conceptuel,
en honneur dans les Mac, les Momac et autres Frac et Fiac..., ainsi que dans les
histoires de
l'art écrites ou
suivies, naguère ou aujourd'hui,
par les professeurs des écoles d'art, est centripète vis à vis de
l'institution et du marché, fétichiste, basé sur des ressources stéréotypées, imitateur,
sécuritaire, simpliste, engourdissant et plombé...
A développer, peut-être.
L'extrait de Baudelaire provient de Le Peintre de la vie moderne -
Le Dandy.
Étude sur le peintre et dessinateur Constantin Guys.
L'extrait d'un entretien avec Françoise Dolto, par Patrick Favardin et Laurent Bouëxière,
provient d'un ouvrage édité
pour l'exposition Splendeurs et misères du dandysme - Paris, juin 1986.
(Réédition Mercure de France - Coll. Le petit mercure, 1999).
Le propos se développe
autour de la personnalité du peintre Georges Mathieu, mais possède une portée plus vaste, et s'applique par moments fort bien à Marcel Duchamp.
La chanson citée de Pierre Mac Orlan s'intitule Ça n'a pas d'importance. Elle fut interprétée par Germaine Montéro.
Les citations de Mallarmé sont extraites de Réponses à des enquêtes - Sur la philosophie dans la poésie.


Un aspect de cette expo (l'essentiel ?) relève du culte à Marcel Duchamp. Celui-ci en ressort un peu plus fétichisé dans la culture branchée et exotérique. Or, la fascination pour Marcel Duchamp est inconciliable avec une véritable compréhension de son athéisme. Dans son projet : détendre certaines tensions, dissoudre les crampes, notamment adulatrices. Ne pas piger cela c'est risquer de réintroduire de la culpabilité et du mal là où l'intéressé a voulu nous tremper dans une électrolyse d'innocence. Son credo de beauté d'indifférence relève de cette intention. Qui adule est coupable, et si nul n'est innocent de la vénération qu'il suscite, Marcel Duchamp se retrouve fortemement pollué par cette culpabilité.
Je ne peux participer de lui, qui ne fut pas un fasciné, qu'à la condition de n'être point fasciné par lui.
Il n'est possible d'embrayer avec le noyau de sa comète qu'en le faisant légitimement déchoir. Il a lui-même employé ce verbe à propos de la Mariée. Cette expo est un piédestal de plus (même si peut-être pas que cela).
La vraie vie en est absente, un authentique M. Duchamp aussi. «... et moi, comme disait Pierre Mac Orlan, j'vais m'tirer au plus tôt... Je voudrais, je voudrais je n'sais plus quoi, je voudrais ne plus entendre ma voix...», et j'en ai marre des empailleurs, se dit le visiteur redevenu passant.