QUELQUES FRAGILES RéACTIONS VITALES - Accueil

avril 2006
septembre 2006
novembre 2006
février 2007
mars 2007
mai 2007
août 2007
octobre 2007
janvier 2008
mars 2008
avril 2008
duchampisteries
mai 2008
juillet 2008
août 2008
octobre 2008
novembre 2008
Sommaire thématique
mai 2010
juin 2010
juillet 2010
février 2011
mars 2011
avril 2011
septembre 2011
novembre 2011

juin 2010 :
Il   Regrets éternels   Ce mardi matin, Si une telle,   Si je   Inflation signalétique et empire du quelconque (suite)  

Agrandir + -







image Nicole Guidi

. .
(css)
(xhtml)
Dernière modif.
11 09 2011


Alterégoscopie / microroman

Il  

restera inscrit au bilan de quelques-un(e)s à la colonne des regrets éternels.
(c'est actuellement son seul projet politique)
Il en retire un soulagement minuscule.


Alterégoscopie / microroman

Regrets éternels  

Certains ou certaines loupent le coche par défaut d'audace, manque de présence d'esprit, auto-censure, respect des convenances, confort jugé préférable.
L'occasion perdue va se loger dans la boîte des regrets éternels.

Ils ou elles ont depuis appareillé sur un autre bateau, le seul qui prenait encore des passagers.
Afin de ne pas troubler l'illusion de leur bon choix, ils ou elles prennent garde de tenir bien scellée la boîte des regrets éternels.
Mais du coffret fermé s'échappe parfois (de préférence lors de certains quartiers de lune) un chant lointain et lancinant.
Sans qu'ils ou elles y prêtent attention, les regrets éternels viennent les hanter de leur voix ténue mais pénétrante, comme un chant subliminal. Ils ou elles n'en reconnaissent pas la provenance, et c'est à peine s'ils ou elles l'entendent, mais ils ou elles en éprouvent de curieux maux d'estomac qui les rendent (lors de certains quartiers de lune) étrangement lunatiques, et parfois même féroces.


Relevés du quotidien

Ce mardi matin,

je demande l'heure à un homme arrêté.
- Ma montre est arrêtée à dix heures... Elle s'est arrêtée..., me dit-il, en me montrant, à son poignet, un bracelet en métal doré dont le cadran aux aiguilles en métal doré indique neuf heures.
J'ai comme un doute... Je me retourne alors vers une femme qui passe.
- Dix heures cinq, me dit-elle.
Ouf ! le monde reprend son cours, lent et irrésistible.

Environ une demie-heure plus tard, je repasse au même endroit. L'homme à la montre arrêtée n'a pas bougé (le contraire eût été étonnant).
De nouveau dans la nécessité civile de me coordonner avec ce support objectif connue comme la mesure scientifique du temps, je demande l'heure à un livreur d'échantillons sanguins qui file droit devant et ralentit à peine pour me répondre. Il me montre la sienne qui, j'ai le temps de l'apercevoir, indique onze heures quinze.
(ça ne correspond à rien - il ne peut pas être onze heures quinze)
- C'est l'heure des Etats-Unis, désolé, me dit-il.
Mon aplomb subit alors un léger vacillement.
(onze heures quinze ça ne correspond quand même à rien, j'en ai la certitude)
Question rhétorique : s'il était onze heures quinze aux Etats-Unis, pourrais-je en déduire quelque chose quant à l'heure qu'il est ici, sous la longitude approximative du méridien de Greenwich, auquel il faut ajouter, ou soustraire, quelques degrés de longitude est ? (question rhétorique, puisque je sais que onze heures quinze ça ne correspond à rien, mais question quand même car mon cerveau ne peut s'empêcher de s'attarder sur cette information qui n'en est pas une) Puis, je réalise (et de réaliser cela, curieusement, je ressens un imperceptible soulagement) que les Etats-Unis n'ont pas une heure mais s'étendent sur plusieurs fuseaux horaires.

Je me dis que ce matin j'ai un problème avec la montre des autres.

(Devant la boutique Bouygues-SFR attenante au Super U du boulevard Sakakini, à Marseille - Mardi 22 juin 2010, entre 10h et 10h45)


Alterégoscopie / microroman

Si une telle,  

dit qu'elle va bien sans que nul ne lui demande, il ya de fortes chances qu'elle n'aille pas si bien.


Égoscopie / microroman

Si je  

dis que je ne le referai jamais, il y a de fortes chances que je le refasse.

Les vraies résolutions se dispensent des proclamations.
Celles-ci cherchent à me convaincre en dépit du doute qui me hante... Doute quant à mes chances de ne pas retomber dans le fameux piège dont j'excelle à ne pas savoir me défier, et même - dans certains cas-, dont j'excelle à ne pas vouloir me défier (en dépit de la version officielle).


Hors-sujet (Le bon, le beau, les maux, les mots)

Inflation signalétique et empire du quelconque (suite)  

...

Internet reste un espace pluraliste et conflictuel, multiculturel en ses contenus. Les tenants du tout-marchand n'y ont pas le champ libre, des forces citoyennes s'y constituent, défendant le contenant en tant dessin N. GUIDI qu'espace démocratique (voir : april.org; La quadrature du net). De plus, l'apesanteur des signaux numériques est une invitation permanente à la multiplication non commerciale des copies. Si la foire aux vanités bat son plein, si les sabirs mimétiques s'en donnent à coeur joie, si l'onomatopée remplace parfois l'énonciation, ce n'est qu'une partie d'internet (avec une place particulière occupée par les miettes envahissantes du kaléïdoscope publicitaire) qui accueille sans restriction ce fast food. Par ailleurs, il est peu d'espaces - physiques, sociaux, urbains, médiatiques - que celui-ci laisse indemne.

La dévaluation du langage n'est pas propre à internet, et il n'est pas sûr qu'elle y soit pire qu'ailleurs.

"Langage" est pris ici dans son acception la plus large : énoncés verbaux, artefacts sonores, images en tous genres, présentation de soi... "Dévaluation" va de pair avec prolifération, comme dans l'économie monétaire, où dévaluation et inflation sont deux aspects d'un même phénomène (la quantité du numéraire étant inversement proportionnelle à sa valeur).

La rumeur informe et le déversoir généralisé gagnent du terrain dans l'espace de la parole, que celle-ci soit numérisée ou orale, publique ou privée, juvénile ou pas, artistique ou informelle. Pseudo-idées, pseudos-nouveautés, pseudo-mots, pseudo-libertés (cohabitant avec d'énormes censures), surcharge... Autant d'avanies dont la blogosphère a sa part mais pas l'exclusivité.
Mais ce n'est pas seulement la sphère de la parole - l'acuité verbale, avec ses bases intellectuelles et sensibles - qui s'émousse en gonflant, c'est aussi l'espace du silence et de l'innocence qui se voit menacé par la nullité - la nullifiance - signalétique.
Toutefois, peut-on parler d'une décadence généralisée ? Je dirais plutôt d'un environnement bruyant (par le fait des personnes, des institutions, des techniques, de la fureur de vendre et de se vendre).
De nombreuses expressions - à rebours des modes et de l'entropie - restent dignes d'intérêt, fraiches, discrètes (savamment ou innocemment), tonitruantes, généreuses, sérieuses (dans le meilleur sens du terme)... Paroles et signes de survivance(s) et/ou de révolution(s).
Et puis, deux aspects contradictoires (brouillage et éveil, anesthésie et pertinence, machine molle et subjectivité) sont parfois si entremêlés (commutant entre premier et second degré, aux limites floues entre agitation maniaque et vitalité...), qu'il est difficile de toujours bien saisir leur nature.


Néo-capitalisme et inflation signalétique :

Le néo-capitalisme c'est celui des 15% de retour sur investissement comme norme annuelle, celui qui va de bulle en bulle, de crise en crise, celui des expansions fictives et des maquillages en tout genre.
Ce système plein de trous d'air décline les précarités et les déséquilibres à tous les étages : du côté des nouveaux riches (traders internationaux, oligarques russes...) aussi bien que chez les pauvres (qui  conjurent souvent le marasme par des fictions ostentatoires).
Les dynasties fortunées et l'aristocratie ouvrière - normes affaiblies par trente ans de thatcherisme, de dérégulation, de floraison des actionnaires, de prospérité du crime organisé, de chômage... - s'adossaient à une forte légitimité. Au contraire, les identités précaires - celles d'en haut et celles d'en bas - compensent par une inflation signalétique, par des stratégies publicitaires, par une loghorrée idéologique (le style Sarkozy est une apothéose dans ce domaine, mais aussi, dans la ville où j'habite, le style Gaudin-Muselier, avec la bulle urbaine qui va avec. Quoi qu'ils aient en commun, je n'identifie pas absolument les deux - Sarkozy faisant preuve d'une indécence qui est nouvelle dans le champ du pouvoir d'état et qui lui est particulière).
Société du spectacle, reigne du paraître, effort sémiotique de chaque instant face aux inquiétudes...
Question (ou ébauche de question, laquelle en impliquerait beaucoup d'autres) : ces stratégies - narcissisme des institutions et bousculades des ego - ne sont-elles pas des avatars de la luttes des classes, des compléments à la lutte des classes, en même temps que le déni de cette même lutte des classes ?

Exigence déontologique :

Je n'ai rien contre l'abstraction cinglante - non que mon petit texte soit exactement dans ce style. Quoi qu'il en soit, il vaut mieux qu'elle soit fondée sur une vision musclée et/ou résulter d'une synthèse à partir de collectes concrètes. Si bien qu'en en restant là je pourrais me retourner le reproche que je fais à certains blogs (et aussi à certains pamphlets professionnels). Par conséquent, j'illustrerai (sans échéance trop précise) cette tribune par des relevés.
Je pourrai relier ainsi mes deux rubriques Hors-sujet (Le bon, le beau, les maux, les mots) et Relevés du quotidien.

...

Après 1 an et 1/2 (suite)


Intime et public... Les deux sont liés, puisque mon regard, même lorsqu'il est objectiviste, journalisticoïde, ou même théorique (c'est rare mais ça arrive) part toujours d'une émotion intime. Mais, pour les visiteurs, il peut sembler confus de voir se succéder sur la même page une chronique sur l'urbanisme et une semi-indiscrétion égotique (voire érotique).
Par souci de lisibilité chaque page sera donc placé sous le signe d'une dominante, tout en laissant parfois se confronter des objets intimes avec des thèmes plus impersonnels (lorsque confrontation fait image).
D'autre part (c'est visible, mais je le précise), Quelques fragiles réactions vitales ne repose sur aucun patron préfabriqué, sur aucun CMS (Content Management System). Réalisant moi-même le support de mise en page, j'envisage toutefois d'intégrer quelques modules ici ou là, ainsi pour faciliter une intervention des lecteurs.