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Nicole GUIDI. huile sur papier.



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Si peu


Le 7 novembre 2006, 18h05. Rue d'Isly 13005 Marseille.

Elle promène ses deux chiens en laisse.
Sur son blouson en polair noir, une inscription sérigraphiée en blanc : societedemerde.com


Pour d'autres instantanés saisis dans la ville : Journal intime collectif.
Par curiosité : societedemerde.com.

Flyer. Le Dernier Cri
relevé par Aude
http://


Chanson


Je ne suis pas douée pour la compatissance. Je vois les choses au présent. Je ne cherche pas sous la surface. Si tu n'es pas immédiatement opérationnel, je ne t'accorderai aucune grâce, aucun délai supplémentaire. Je ne suis disposée à aucun effort de compréhension. Je veux être payée au comptant. Mon regard ne fait pas crédit. J'ai très peu d'imagination. Je ne suis pas charitable. Je n'ai aucun sentiment de culpabilité latent qui me porterait à racheter autrui pour me racheter moi-même. Je ne vois que les évidences. Les subtilités m'échappent. Je ne m'intéresse qu'aux contenus manifestes, je me désintéresse des contenus latents. Je suis affectée d'une certaine paresse affective. Mon affectivité est assez lourde à déplacer. Je ne suis pas portée à compléter les formes inachevées. Si tu n'es pas apte aujourd'hui à tracer un dessin de toi qui me donne envie de te suivre, tire toi-même un trait avant que je ne tire moi-même le rideau. J'attends qu'on me livre sur un plateau des nourritures substantielles. Hier, j'ai fait chauffer mes jambes au soleil, entre onze heures et midi. Quel temps fait-il aujourd'hui ? Je n'ai pas encore mis le nez dehors. Tu es encore là. Tu es parti. Je n'ai plus de nouvelles de toi depuis plusieurs mois. Cela faisait des semaines que je n'avais pas pensé à toi. Tu n'étais pas l'homme de la situation. Aujourd'hui, j'ai reçu des nouvelles de toi. Ça ne m'a pas dérangée. J'étais sur le point d'oublier ton nom. Des nouvelles indirectes. Je ne fonctionne qu'en direct. Prémisses d'un oubli définitif. Le téléphone sonne. L'heure tourne. Le temps passe. Les sédiments se déposent sur les surfaces exposées au vent et recouvrent le brillant originel d'une pellicule plus terne que je laisse à d'autres le soin de décaper.







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02 05 2008
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le 20-11-2006, à 16h17, de Pierre
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