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NOTES :[1] Vu l'usage des écrits de Duchamp dans la suite, je rappelle que celui-ci élargit ou détourne le sens de célibataire et désigne ainsi un être coincé dans les ornières fastideuses de la redite. EXTRAPOLATION : Célibataire, celui qui se place en situation de satellisation béate vis-à-vis de l'objet de son désir. Curieux modèle d'idéalisation de l'autre ; partie d'un monologue narcissique où on n'écoute que soi ; posture pesante et impuissante, hors de tout vrai dialogue pour définir ensemble le scénario d'une relation. Cette EXTRAPOLATION, ses points d'appui dans le texte de Duchamp : les célibataires, leur posture impuissante : "La Mariée (...)
refuse (...) l'offre brusquée des célibataires."
(Boîte verte - partie 8)
(Extraits des notes de 1911-1915
fac similées à 300 ex.
et recueillies dans autant de boîtes vertes, en 1934 -
Ref. édition courante)
les célibataires, leur monologue narcissique : "Moules mâliques. (...) un miroir leur aurait renvoyé leur propre complexité au point de les halluciner assez onaniquement." (Boîte verte - partie 7) les célibataires, leur posture impuissante : "- Buttoir de vie - Vie célibataire considérée comme rebondissement alternatif sur ce buttoir" (Boîte verte - partie 11)
La mariée mise à nu par ses célibataires, même -
le grand verre ; la boîte verte
Le drame imaginé par Duchamp met en
scène l'échauffement en vase clos d'un
désir érotique peinant à réduire la distance qui le sépare de l'objet convoité.
![]() EXTRAPOLATION, suite : Machine célibataire. Cette image convient aux projets trop soumis à leur formulation initiale, insuffisamment plastiques, oublieux des ajustements nécessaires pour maintenir un rapport fertile avec le présent et avec l'autre. Le désiré (qu'il soit un être ou un enjeu plus général) est figé dans son statut d'objet par le désirant. Celui-ci se moule induement dans une identité de sujet exclusif (sur-actif mais selon une formule rigide, trop sûr de son objectif, ordonnateur de la distribution des rôles). Est une machine célibataire celui qui, en psychanalyse ou en politique, dans la réalisation artistique ou dans la conversation..., néglige systématiquement de se mettre dans le rôle de l'objet, s'ampute de toute composante passive, n'accepte pas de déplacer son centre de gravité. gravité ?GLOSE, commentaire : Aux côtés de la Mariée et des Célibataires, la gravité est un éminent centre d'oscillation dans le Grand Jeu du Verre. Cf. "manieur de gravité, "jongleur de gravité", "soigneur de gravité" et autre tabouret au long cou. Contrairement aux deux autres, cette figure apparaît seulement dans les notes et sous forme de croquis. Jean Suquet lui a consacré un livre : Epanouissement ABC (L'Echoppe 2001). Cette entité justifie encore
la lecture de cette
œuvre comme miroir d'une cure.
L'une est employée par Duchamp lui-même : "Etant donné que je sois souffrant beaucoup..." (c'est dans cette formule qu'apparaît pour la première fois le syntagme Etant donné - bien que griffoné à l'époque de la conception de la Mariée, il ne figure pas dans la Boîte verte - voir Jean Suquet 2001). L'autre est une rustine herméneutique suggérée par le bouillonement philologique et imaginatif de Jean Suquet. Il s'agit du calembour "Guéris donc !" On ne sache pas que Duchamp ait employé ce terme, mais c'est bien à l'objet ainsi désigné que ressemblent (plus qu'à un tabouret) les quelques croquis qu'il a tracés du "manieur", "jongleur", "soigneur". Ici
,
une image de l'Autel du Soigneur de Gravité
["... (d'après Duchamp), exécuté par Delanglade et les Mattas"].
Autel du Soigneur de Gravité. Cette construction fut réalisée à l'occasion de l'exposition surréaliste de 1947 - Elle comble une lacune du Grand verre - avec retard, mais celui-ci n'était-il pas qualifié de "RETARD EN VERRE" dans une note écrite 30 ans plus tôt ? (Boîte verte - partie 7) Prolongement spatial, temporel, et plus. L'auteur exporte son copyright ; il délégue à des amis le soin de continuer la création. La Mariée mise à nue par ses célibataires, même : exemple éminent d'œuvre ouverte - antidote au fonctionnement célibataire ! Dimensions de l'ouvertureDéplacements, décalagesLa qualité d'ouverture la plus centrale provient des procédés de glissement sémantiques et terminologiques (et des spéculations relatives à de complexes réfractions géométriques) qui convoquent un univers aux ancrages incertains, mouvants, réversibles (étranges mais non flous, même si ma compréhension en est parfois incertaine). Un régime écologique impossible pour les célibataires, un enfer où ils n'ont d'autre issue que de périr ou d'opérer une mutation salutaire.(pour une ébauche de nosographie du hasard nomographe,
voir...)
Le verreL'ouverture provient aussi du support utilisé. Le verre produit im-médiatement transparence et réflection. Les spectateurs et le lieu d'exposition font figure de fonds multiples et mouvants devant lesquels les figures peintes se présentent et avec lesquels elles se fondent. Les reflets (en avant-premier-plan) ne gênent pas mais s'intègrent à l'objet.Ce matériau se justifie aussi par son aptitude à représenter jeux de reflets, effets de projection, de masquage, de transparences et effets multicouches matérialisés ou figurés. Ces recherches participent de la démarche signalée ci-dessus : une projection, un reflet, c'est un glissement, un décalage (du pareil au presque même, mais néanmoins différent). (Evocations de dispositifs optiques : un peu partout dans la Boîte verte - mais notamment dans parties 7, 18, 22) Une affinité du verre avec l'imprévu est aussi sa propention à se casser. Ce fut le cas, et l'occasion pour Duchamp d'absorber cette figure de l'aléa (tout simplement en recollant les morceaux). InachèvementFigure ultime de l'ouverture : l'inachèvement et la capacité subséquente à se ramifier.Apothéose et réussite dialectique : un inachèvement qui parachève la qualité recherchée, ou du moins adéquate au désir ; car les plus belles réussites ne sont pas celles qui résultent d'une stratégie omniscente, mais celles qu'un mélange taoïste d'activité et d'indifférence rendent possible.
Il est vrai aussi...
Suite, autre page, haut...
Toutes suggestions vers d'autres propos vivants et informés sur la question sont les bienvenues. En attendant, voici une page basique intéressante : [2] L'Autre (ou grand Autre) - concept lacanien, apparenté au surmoi freudien. C'est le tuteur fantasmatique, le Maître imaginaire d'un moi soumis, satellisé, hétéronome, pour l'amour et au nom des valeurs duquel la petite personne excessivement inquiète fourbit ses objectifs et ses ambitions. [3] Les expressions mises en blanc, sont extraites des notes de Duchamp. On peut les retrouver dans le texte La boîte verte, au sein du recueil Duchamp du signe présenté par Michel Sanouillet (Champs-Flammarion). [4] Est-ce de cela qu'il s'agit lorsque Lacan affirme : "Ce n'est que de la place de l'Autre que l'analyste peut recevoir l'investiture du transfert qui l'habilite à jouer son rôle légitime dans l'inconscient du sujet..." ? (La psychanalyse et son enseignement - dans Ecrits I ) [5] ... comme instituants du cadre d'écoute, dans une régularité propice au dénouage, élimination des mauvais plis et ravaudage des étoffes constitutives de l'histoire que l'on se fait de soi. |
Suggestions du corbillon :
relevés
du quotidien,
critique du paysage,
ego-scopie,
alter-ego-scopie...
Le corbillon n'est pas un réceptacle de toutes les émanations (centres d'intérêts) d'un individu. Ce site à demi spécialisé gravitera autour de quelques rubriques. Micro-politique, agitation des rapports inter-individuels (égoscopie, alterégoscopie), investissement des horizons proches (relevés du quotidien, critique du paysage). L'internationalisme et l'obnubilation par les super-globalités sont parfois
déréels.
Sauf exception, les enjeux centraux de société et de politique générale seront
discrètement évacués.
Des questions de civilisation (lesquelles ?) seront abordées, à partir d'espaces restreints et de situations particulières. Modestie des ancrages... Je capte je... aborde d'autres... imminence d'un et d'autres je... nouveau nous... moments de dépit (sans répit) et constats de tristesse.
Le champ social artistique contemporain m'afflige globalement et sans exception.
Maintenant (désormais),
ce mot encombrant de trois lettres devrait, je pense, être supprimé. Sans cette béquille
pour handicapés, maints cerveaux désemparés seraient placés devant l'aternative suivante : soit le chômage
(avec un succroit d'innocence dans l'espace ainsi dégagé - une réhabilitation du paysage, du silence et des
bruissements non intentionnels), soit une reconversion,
un déplacement, des nouvelles connexions et des percées hors de l'impasse majoritaire.
Renoncemer à une facilité conceptuelle et terminologique ne signifie pas dévaloriser les enjeux esthétiques ni dénigrer les jeux sur les symboles, les représentations, les sensations, les perceptions ou les points de vue.
Il s'agit au contraire de proposer comme une urgence celle de dégager les pratiques
expressives et imaginatives d'un concept vaseux qui les fige en répétition mimétique et les enrôle en
supplément décoratif à l'ordre
social.
Il n'y a d'art que pompier
Il ne s'agit plus, depuis bien longtemps, de raviver ou de ramifier l'art, mais de
déclarer nuls pour l'avenir
ses pompes et son concept.
Disant cela je me désintéresse pas pour autant - par exemple -
des imaginations stylisées, des perfections imaginaires réalistes ou fantastiques, des
désordres négateurs et rédempteurs
qui restituent l'ordre à un niveau supérieur.
J'aime la monumentalité tout comme le bonheur furtif d'un éphémère sans prix, la perfection d'un évanouissement, la désinvolture qui produit, dans une économie de moyens, l'impact le plus affirmé. J'apprécie les télescopages, les trangressions entre des ordres d'objets normalement irréconcilables et situés ordinairement dans des univers séparés mais que voici réunis au prix d'une judicieuse aberration à la faveur d'un support accueillant et plein de bonne volonté, lieu de sortilèges déniaisants. Je ne privilégie ni le nouveau par rapport à l'ancien ni le contraire. Je ne discrédite aucun canal de perception, aucune type de dispositifs, pas plus ceux qui impliquent une réception sans participation que ceux qui appellent la participation à quelque dose que ce soit. Je ne valorise pas plus les expressions surgissant dans l'espace ordinaire que celles qui proviennent de pratiques et de lieux spécialisés.
Arthur Rimbaud :
« Le lieu et la formule »
La créativité au sein de ces sphères de jeux,
la possibilité d'inventer de nouveaux jeux et de combiner plusieurs jeux et enjeux, se porteront d'autant mieux qu'une façon
créative de les appeler (de les nommer) prévaudra - ou, à la limite,
qu'une attitude indifférente aux pressions à situer toute choses dans des cases préconçues
se refusera à les spécifier.
Ne pas spécifier c'est prendre les choses dans leur singularité sans les référer à des espèces. Mais il n'est pas sûr que la non-spécification soit possible. Un objet non-spécifié est-il un objet ? Soit un objet extrait du magma (distingué, dissocié de l'indistinct des fonds sans motifs ou des motifs sans fond), si sa spécification n'est pas donnée a priori elle se fera sans doute a posteriori. Qu'un raffraîchissement conceptuel s'impose ou qu'un refus de l'étiquetage lui soit utopiquement opposé, le champ artistique doit être déserté, ses institutions référentielles et satellitaires abandonnées aux faux empesés en quoi elles transforment tout ce qu'elles contiennent et tout ce qui se détermine en fonction d'elles.
Conditions de l'innocence
Les pratiques symboliques, expressives et esthétiques peuvent s'inscrire
dans l'innocence et la subversion, s'étayer dans une écologie sociale, une économie,
des connexions et des recoupements libérés.
Mais pour cela elles ont besoin de se désafillier par rapport à l'institution artistique - et le mot art n'est pas l'agent le moins actif de ce fastidieux contexte culturel.
L'idéologie de l'art congestionne
production et réception
Intégrer l'habitus de l'amateur d'art
(versant réception) est tout aussi nocif,
pontifiant et dérisoire que se vouloir artiste (versant production).
Le respect de l'idéologie artistique a pour fondement le désir de se rendre respectable. L'art est pompe et décorum. Il compense en façade le manque de légitimité d'individus et d'institutions, dans l'intention de hausser leur valeur symbolique promotionnelle sur le marché des dupes, ou sur le marché tout court. Voir La machine molle, à propos de la désignation de Marseille Capitale européenne de la culture..
La vérité d'une œuvre est dépassée (dominée) par son contexte d'actualisation
Que ce soit dans une galerie d'art ou lors des
grandes expositions d'État
(avec les inévitables unes que Télérama ne manque pas de leur consacrer),
le phénomène est le même. Par le pouvoir de contamination du média sur le médiatisé,
un contexte pompier rend pompiers même
des peintres, ou autres,
qui ne l'étaient en rien au départ.
Le fait d'être présentés et enrôlés malgré eux dans de telles manifestations leur ôte
de leur substance, les parasite et les instrumentalise dans une ostentation
étrangère et opposée à
ce qu'a pu être initialement leur passion, leur intention et
leur idéal.
Les spectateurs sincères et purs doivent alors tenter de déparasiter les pièces exposées de leur encombrant décorum, contexte et discours accompagnateurs. Ils doivent les abstraire d'un viol symbolique et neutraliser mentalement celui-ci. Particulariser les appellations
Pour se débarrasser du problème on dira que peu importe le nom, ce qui importe c'est la pratique. Ceux qui croient
cela évacuent l'effet déterminant, façonnant, du fliligrane et des balises, le pouvoir des identités sur les réalités et des noms sur les
choses.
Hors pratiques sans nom qui sont un autre nom du paradis - états de grâce par
nature fragiles -, produire le nom de sa pratique (ou choisir de manière éveillée
un nom non-imposé - sans nécessairement le clamer sur les toits comme un vendeur qui
vanterait l'étiquette au lieu du fruit) est un facteur favorable à toute pratique créative et déterminante - c'est à dire, en premier lieu,
apte à se déterminer elle-même.
Utiliser des appellations classiques (peinture, musique) moins mystifiées qu'art me semble recevable. A la rigueur aussi, utiliser le mot art qualifié par un adjectif qui en réduise la vanité et en précise la compétence (art culinaire, art d'aimer). Mais cela ne dispense pas d'un effort conceptuel afin de définir des intentions ad hoc et des pertinences de saison.
Politique grammaticale
(suite de la page d'accueil)
La préférence est donnée à un singulier
... d'où : défiance vis à vis des articles définis au
singulier (Le et La)
lorsqu'ils n'ont rien de défini et encore moins de singulier,
mais n'ont pour résultat qu'une généralisation emphatique.
Évité également (de préférence) : le on dans lequel le je se réfugie pour avaliser son opinion par le consensus d'une fausse unanimité (j'accepte le on-nous - quoiqu'il soit peu invoqué par ici - mais du on-on je me défie). Le je dispose ici de toutes ses prérogatives. Dans la difficulté et le désir d'un nous, il représente la force de quelques fragiles réactions vitales .
Dans le contexte actuel où domine l'idéologie instrumentale
des solutions express, performantes et adaptatives, la psychanalyse peut faire figure de résidu utopique, naïf et
outrageusement
irréel.
Comparé aux techniques médicamenteuses ou dites comportementales, la psychanalyse, pour aller vite, est alors à la gauche du champ social. Mais il arrive aussi qu'elle fruste des projets plus radicaux qu'elle. Elle peut lors apparaître trop adaptative, manquant de souffle et d'esprit d'aventure. Elle est alors à la droite du champ du sujet. C'est un peu mon expérience. C'est (entre autres) de cela dont j'ai voulu respectueusement, sincèrement, et au risque de quelques maladresses, témoigner dans la lettre que je reproduis ci-dessous.
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![]() ![]() Dernière modif. 26 07 2010 |
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